Comme à chaque fois, une odeur insupportable d’encens plane dans l’atmosphère. Myrrhe, ambre, patchouli ou je ne sais quelle autre senteur censée j’imagine créer une atmosphère apaisante… Un véritable attrape-nezgaud !
- Qu’est-ce qui vous ferait du bien en ce moment ?
- Me ferait du bien ? Ne rien décider. Oui, je voudrais ne rien décider au moins pendant une période déterminée.
- Et de quelle période vous me parlez ?
- Je ne sais pas. Deux mois et demi.
- Deux mois et demi et pourquoi ?
- Juste comme cela, c’était très spontané. Je voudrais reposer mon esprit, ne plus rien porter, assumer. N’être responsable de rien ou de si peu de choses pendant quelques temps, au moins pour essayer.
- Mais qui vous demande de décider tout le temps finalement ?
- La vie, les gens, et puis peut-être un peu moi aussi. Comprenez bien qu’il y a pour moi deux catégories de gens : ceux qui décident pour tout et tout le monde, et ceux qui suivent tout le temps, qui subissent quelque part.
- Et vous qui décidez, vous ne subissez rien ?
- Bien sur que si, mais sans doute un peu moins. J’aime bien me faire croire que je suis architecte de mon destin.
- Et quand vous subissez comme vous dites, comment réagissez vous ?
- Mal. Je ne sais pas attendre que quelqu’un prenne des décisions pour moi, je suis et je resterai sans doute toute ma vie une impatiente de la vie.
- Et que faite vous en général ?
- Je m’efforce de reprendre la main.
- Comment ?
- En décidant.
- Nous y revoilà. Et vous voudriez arrêter de décider pendant deux mois et demi. Mais dans ces conditions, c’est vous rendre malheureuse que d’avoir envie de cela. Vous voulez souffrir ?
- Non, je veux être en paix.
- Vous rendez vous compte à quel point vous êtes dans le besoin de contrôle de tout ce qui vous arrive ? Vous me parlez sans arrêt des dangers, de la mesure des risques… Prendre des risques, c’est accepter de vivre tout simplement. De quoi avez-vous peur ?
- De souffrir certainement.
- Et vous ne souffrez jamais ?
- Si, souvent. Mais, là je ne peux plus souffrir, je tape dans mes réserves depuis trop longtemps vous comprenez ?
- Ce que je comprends c’est que vous êtes beaucoup plus forte que ce que vous n’imaginez. Dans un contexte comme le vôtre, vous pourriez être anéantie, ce qui n’est pas votre cas, acceptez-le.
- Comment je dois faire alors ?
- Laissez-vous vivre. Lâchez la paroi. Apprenez à vous détendre. Les décisions les plus importantes d’une vie sont le plus souvent le fruit du hasard. Le contrôle ou plutôt l’impression de contrôle n’est qu’une supercherie. Votre fameux monde merveilleux ne pourra exister que si vous acceptez de lâcher. Et lâcher prise, perdre la main n’a jamais été synonyme d’échec. Vous apprendrez que c’est la condition sine qua none à l’équilibre, au bien-être, à l’apaisement. Vous me dites que la vie ne doit pas être une guerre, alors déposez vos armes.
- Mais je ne veux plus souffrir, vous comprenez. Je n’ai plus le droit.
- Vous qui aimez tant maîtriser le risque, continuez comme cela et vous finirez par vous assécher. On peut souffrir à chaque instant de sa vie pour mille raisons différentes et vous protégez comme vous le faites ne vous épargnera de rien ou presque rien. Acceptez tout ce qui vous procure du bien-être sans vous poser toutes ces questions et surtout arrêtez de vivre dans le futur et vivez dans le présent. Vous ne savez pas dans quelle case faire rentrer ce qui vous arrive. C’est vraisemblablement parce qu’il n’y en a pas. Et alors ? Inventez-la !
Si les décisions les plus importantes d’une vie sont le plus souvent le fruit du hasard, ce soir j’ai envie de croire à l’évidence accidentelle.
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La source de mon inspiration, je l’ai puisée chez Muse. A consommer sans modération…
Unintended
You could be my unintended choice to live my life extended
Tu pourrais être mon choix involontaire
You could be the one I’ll always love
Tu pourrais être celle que j’aimerai toujours
You could be the one who listens to
Tu pourrais être celle qui écoute
My deepest inquisitions
Mes interrogations les plus intimes
You could be the one I’ll always love
Tu pourrais être celle que j’aimerai toujours
I’ll be there as soon as I can
Je serai là dès que je le pourrai
But I’m busy mending broken
Mais je suis occupé à réparer les morceaux cassés
Pieces of the life
De la vie
I had before
Que j’avais avant…