Existe, prouve que tu résistes

« C’est beau un homme de dos qui attend une femme. C’est fier comme un héros qui, ayant tout donné, n’attend plus qu’un seul geste pour se retourner. »

Parfois les choses et les idées se mettent en place sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. Enfin si, je sais pourquoi. Ce que j’ignore, c’est pourquoi maintenant. Est-ce que le moment est bien choisi ? Est-ce que les astres sont en harmonie ? Est-ce que la vie n’avait rien d’autre à faire que de s’occuper de moi ? Je ne sais pas et après tout, peu importe. J’ai abandonné l’idée de tout comprendre depuis que j’ai compris que cela ne me sauverait pas. Exit la violence des réactions amoureuses. Exit la résistance. Place à l’existence.

L’amour, c’est beaucoup plus que l’amour, écrivait Jacques Chardonne dans les Destinées sentimentales. L’amour c’est d’abord ce que l’on en fait. Qu’est-ce que j’en ai fait ? J’observe avec intérêt cette femme dans le miroir. Son reflet m’est familier et pourtant elle me semble étrangère, différente. Cette différence, je ne sais si elle me sied vraiment ou s’il s’agit d’un nouvel artifice dont j’ai choisi de me travestir pour estomper les vrais problèmes, les vraies questions. J’ai longtemps revendiqué mes désirs de liberté et refusé toute culpabilité devant la violence de certaines de mes réactions. J’ai longtemps essayé de comprendre trop de choses qui finalement n’avait que peu d’intérêt. Aujourd’hui, je crois avoir compris l’essentiel. Et c’est cet essentiel qui me fait mal aujourd’hui, qui me fera du bien demain.

Les choses s’enchaînent, méthodiquement. Il y a quelques jours à peine, elle me regarde derrière ses lunettes, m’explique comme me l’aurait dit ma grand-mère que quand on parle des autres, on laisse difficilement de la place pour soi. Et puis simplement elle finit par me poser cette question simple – Mais vous, de quoi avez-vous besoin ? J’ai dégluti brutalement une réponse qui attendait impatiemment de sortir. De la force et de la bienveillance. Voilà, de quoi j’ai besoin.

Les questions s’enchaînent encore et voilà que lui, un être inattendu entrant dans ma vie, m’explique tout ce que j’ai toujours refusé de voir. Protège-toi. Comme si nous étions en guerre et qu’il me fallait éviter une rafale de mitraillettes pour espérer rester en vie. Mon dieu, est-ce donc cela la relation amoureuse : rester sur ses gardes et veiller à rester en vie. Je me refuse à le croire.

A partir de cet instant, l’esprit s’agite vite, très vite. Mes erreurs enfouies poussent à la surface et réclament l’air que je leur ai toujours refusées. Des erreurs qu’il me faudra désormais regarder en face et accepter. Accepter, cela semble pourtant simple. Mais parfois, tirer simplement sur l’extrémité d’un fil de sa pelote de laine vous conduit à regarder béatement les restes du chandail de votre existence. Et cela je m’y refuse. La bienveillance réside à quelques pâtés de maison de chez moi, elle est partout, même là où on ne l’attend pas. Il est temps pour moi de déménager.

Alors je quitte mon champ de bataille, j’accepte l’idée d’être une simple camée comme tant d’autres avant moi, j’accepte même l’idée que cette fois il me faudra du temps pour guérir, que certaines de mes blessures sont inguérissables, que je suis un être vulnérable, qu’il a fallu que je tombe au fond du trou béant de mes erreurs pour enfin espérer renaître, et un jour troquer la méfiance contre une confiance enfin méritée.

Si l’erreur est humaine, je crois que j’en suis !

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A propos flocva

Ce blog, c'est un peu comme le sac à main d'une femme : c'est le bordel, c'est rouge ou c'est vert et puis parfois un peu noir aussi un peu come la vie, on y trouve de tout, ce qu'on cherche ou ce que l'on ne trouvait pas, c'est anecdotique et parfois drôle, plein de souvenirs ou de miettes, de clés de voiture ou de vieilles photos, c'est plein de questions, plein d'avis sur la question, plein d'humeurs... Et puis c'est plein de gens comme toi qui passent et qui reviendront ou pas, qui s'exprimeront ou pas, un instant dans une vie de celle qui te confirme que Non, elle n'est pas Wonder Woman ! Bonne lecture... ;)
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5 commentaires pour Existe, prouve que tu résistes

  1. philachev dit :

    l’amour on se pose beaucoup de question dessus quand on le cherche et quand on l’a trouvé c’est comme une évidence…
    maintenant, cher miroir, si tu as conscience que passer sa vie à se protéger n’est pas une solution, tu as probablement franchi une étape, reste à concrétiser la prise de conscience par des faits, voir que son image change, avoir une perception différente de soi, est sans doute un premier signe, et ne jamais oublier que « errare humanum est, sed perseverare diabolicum est »
    ça me fait vraiment plaisir de te retrouver!

  2. psganarel dit :

    Accepter qu’on a besoin de l’autre,
    Accepter que l’autre n’est pas n’importe lequel,
    Accepter d’imaginer qu’on puisse ne pas le voir à coté de soi,
    Accepter que le bonheur peut se contenter de simplicité,
    Accepter d’ouvrir sa porte mais pas à tout le monde,
    Accepter sa propre humanité,
    Et vivre!…
    A vous.

  3. Txema dit :

    Remise en cause existentielle, petit traité philosophique du « moi et l’amour… », plein de questions dans ce petit texte…
    Déja se poser les questions c’est commencer à y répondre et la lumière semble pourtant encore bien loin…
    Cheminement intérieur, remise en cause permanente, l’amour n’est pas et ne sera jamais une belle ligne droite, digne des highway américaine, l’amour est rempli de petits chemins tortueux, d’impasse et de cul de sac (sans jeux de mots en plus !!!)
    Il y a plein de chemins qui s’ouvre devant toi, tes choix seront ce que seront ta vie amoureuse, en totale protection ou en aventurière libre de toutes contraintes, ta destinée est peut être entre les deux, ou peut être pas.
    L’erreur est toujours humaine et est un élément indissociable de nos actes, manqués ou non.
    On ne vit pas de regrets et encore moins de remords, aborde ce nouveau chapitre avec une confiance, certes relative et avance, vis, aime et ne t’oublies pas.
    Bises

  4. Gicerilla dit :

    « Mon dieu, est-ce donc cela la relation amoureuse : rester sur ses gardes et veiller à rester en vie.  » Moi aussi je me pose la question, moi aussi je la réfute de la main parce que cette hypothèse ne correspond pas à l’idée fantasmée que l’amour, quand il s’installe, est comme un cocon dans lequel on peut se réfuger en abandonnant toute protection, en faisant tomber toute barrière. Pourtant, je me demande QUAND sait-on qu’on est en sécurité ? QUAND sait-on que celui-là est le bon et que l’on peut dans ses bras s’abandonner totalement et pas seulement physiquement ? Je ne sais pas. J’ai été échaudée. Souvent. J’ai recommencé. Ma peau porte encore les traces indélébiles de l’ébouillantage qu’à répétition je me suis imposée. D’abord, avant tout S’AIMER SOI-MÊME absolument, sans restriction, s’accepter tel(le) qu’on est même si ce qu’on perçoit de soi, hélas, n’est pas l’image idéale qu’on aurait voulu pour soi. Oui, avant tout, s’aimer soi INCONDITIONNELLEMENT. Alors peut-être. l’amour peut devenir total abandon. Alors, peut-être. Alors, seulement ?

  5. flocva dit :

    @ phil : bah moi aussi Phil cela me fait plaisir ! Tâchons de cultiver nos jardins comme dirait un célébre philosophe que je connais 🙂 Moi, je le dis et je le répète je me suis engagée à devenir Tistou les pouces verts !

    @ psganarel : j’accepte dans la mesure de mes moyens et de ce que je suis ! La seule chose qui m’importe est de ne plus être en résistance. Pour le reste, je laisse à la vie la liberté de me surprendre…

    @ Txema : « Ne t’oublie pas », c’est drôle c’est le conseil à la mode du moment ! J’essaye de faire au mieux et de poursuivre l’écriture de ma vie sans regretter, sans être rongée par les remords, en regardant devant tout simplement !

    @ Gicerilla : Je crois qu’on ne le sait jamais vraiment si l’on est en « sécurité, mais je crois qu’il y a des êtres qui sont naturellement plus bienveillants que d’autres, c’est tout ! Mais je vous rejoins sur votre dernière idée : s’accepter telle que l’on est, s’aimer soi-même condition indispensable pour accepter d’être aimé ensuite…conscient (e) que comme chez L’Oréal : on le vaut bien ! 🙂

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