#Unêtrevousmanque…

Et toi, qu’est-ce que tu as fait par amour ? PARTIE 2

« Tout a ton odeur, mais rien n’a de goût… » Alex Beaupin

Des copies. Des centaines de copies. Elles sont là, entassées sur le bureau de William attendant bien sagement qu’il daigne leur consacrer un quelconque intérêt. Mais aujourd’hui, William n’en a pas. Habitué à traverser la vie sur des montagnes russes, il s’est réveillé ce matin en comprenant en à peine quelques secondes qu’aujourd’hui, il serait en bas. Il monte à la force de ses poignets et puis il redescend aussi vite qu’il est arrivé. C’est épuisant, c’est vrai. Mais finalement, il ne se souvient plus comment on vit autrement, si on peut vivre autrement. Alors il poursuit son chemin et enchaîne ses plus et ses moins sur la partition du quotidien.

Sur le sol, s’éparpillent des dizaines de feuilles sur lesquelles il griffonne des mots. C’est son rituel, sa manière à lui d’expier sa mauvaise humeur. Ce sol, son sol, c’est celui de son capharnaüm depuis 10 ans. Diplôme en poche, il a choisi d’aller survivre sur Paris. Jeune enseignant, le hasard a choisi de lui attribuer son premier poste de professeur de lettres à Tolbiac. Le XIIIème arrondissement est ainsi devenu en quelques mois son nouveau chez lui plein de familiarités, de repères, de clochers, de commerces de proximité.

Il roulait en boule une nouvelle feuille quand il finit par accorder un peu de crédit à son téléphone qui tentait désespérément de se faire remarquer en vibrant pour la troisième fois en à peine une heure. Un coup d’œil sur l’écran et il comprit que c’était Julie qui vibrait. William hésita et puis finalement il décrochât, conscient qu’elle n’abandonnerait pas.

« Oui.
William, c’est toi ?
Evidemment que c’est moi, tu appelles sur mon téléphone.
Je vois que l’humeur est bonne, faite place aux calambours. Comment tu vas ?
A ton avis.
(silence)
Dis, on se demandait avec maman si tu serais dispo pour venir passer un week-end chez les parents ?
Ce week-end ?
Bah oui, ce week-end ? Tu es pris peut-être avec ton agenda de ministre. Allez, viens, c’est l’anniversaire de papa, et cela lui ferait plaisir de nous avoir tous pour une fois. Et puis, à moi aussi. Tu me manques, tu ne donnes jamais de nouvelles de toi.
(silence)
Je sais pas. Faut que je réfléchisse, j’ai des trucs à faire. »

La vérité est ailleurs et Julie le sait, suffisamment pour décider de lourdement insister.

« Arrête ton char, tu n’as rien prévu de particulier. Je le sais. Tu le sais. Alors, fais moi une fleur et viens passer le week-end avec les gens qui t’aiment. S’il te plait. »

Voilà comment William avait accepté en conscience de retourner là où son cœur s’était un jour arrêté…

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A propos flocva

Ce blog, c'est un peu comme le sac à main d'une femme : c'est le bordel, c'est rouge ou c'est vert et puis parfois un peu noir aussi un peu come la vie, on y trouve de tout, ce qu'on cherche ou ce que l'on ne trouvait pas, c'est anecdotique et parfois drôle, plein de souvenirs ou de miettes, de clés de voiture ou de vieilles photos, c'est plein de questions, plein d'avis sur la question, plein d'humeurs... Et puis c'est plein de gens comme toi qui passent et qui reviendront ou pas, qui s'exprimeront ou pas, un instant dans une vie de celle qui te confirme que Non, elle n'est pas Wonder Woman ! Bonne lecture... ;)
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4 commentaires pour #Unêtrevousmanque…

  1. Phil dit :

    Il y a un dessin qui circule sur le net, je le cherche… putain je l’ai trouvé, suis une bête, ha, non, j’ai juste de la pratique, je disais donc, il y a ce dessin : http://coukie24.o.c.f.unblog.fr/files/2014/02/orgueil1.jpg
    Ben voila, le sac, il contient l’orgueil, il contient la rancœur, il contient les mauvais souvenir, il contient les échecs, il contient des tas de choses mauvaises et c’est très bien que William se décide à le lâcher car ce sac est trop lourd, même pour le brillant William!
    Bises mon adjudant

    • flocva dit :

      Salut Phil, cela me fait sourire de te savoir toujours dans le coin. Les « meilleures restes » (pardonne cette expression) d’une époque ! Oui, tu as raison, il a raison de lâcher. Et d’ailleurs, il lâche. Mais plutôt que de se faire croire des choses, il a résolument choisi de creuser, d’arracher la racine, et puis de lâcher. La meilleure façon de s’assurer que tout cela ne repoussera plus, enfin j’imagine !
      Quelle expérience remuante. Quel pas de franchis….enfin j’imagine ! 😉

      Des bizz et au fait, j’ai stoppé toutes activités au sein de la caserne. J’ai finalement compris que la vie sans les armes, c’était tellement plus jolie 🙂
      Note : oui, c’est vrai, je te vois venir : j’avoue que j’ai encore quelques vieux restes, faut me laisser le temps…mais je travaille tous les jours !

  2. Phil dit :

    haha, en somme tu es … à la retraite!
    bah profite bien alors, maintenant que tu es une vieille sage ^^

    • flocva dit :

      La retraite est un sujet tabou durant les élections, tu devrais le savoir ! Et puis c’est quoi ce mot « vieille »…à peine je m’interroge sur l’utilisation (ou pas) d’un sérum et paf, me voilà devenue Tatie Danielle.
      Je te pardonne, j’oublie cet écart de langage… et je profite comme je peux ! J’espère que toi aussi vieille canaille 😉

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